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Maserati GranTurismo : un coupé Ferrari V8 au prix d’un Dacia Duster, avec un énorme piège

Voiture de sport Maserati bleu métallisé garée en intérieur avec une autre voiture rouge en arrière-plan.
Dans cet article
  1. Un rêve italien aux lignes Pininfarina
  2. V8 Ferrari sous le capot : sonorité, performances et émotion
  3. Une combinaison de couleurs rare plutôt qu’une sportive grise anonyme
  4. Pourquoi cette offre Maserati GranTurismo semble si abordable
  5. À qui s’adresse réellement cette Maserati au prix d’un Dacia ?
  6. Ce que les intéressés devraient régler avant l’essai

Un coupé de luxe italien équipé d’un V8 Ferrari se négocie actuellement à peine plus cher qu’un SUV compact bien équipé, mais il y a un sérieux revers à la médaille.

Sur le marché de l’occasion, une Maserati GranTurismo suscite en ce moment bien des interrogations : silhouette raffinée signée Pininfarina, V8 Ferrari, prix neuf autrefois largement supérieur à 100 000 euros, puis une annonce au tarif d’un SUV Dacia neuf. Cela ressemble à un gain de loterie automobile, mais le diable se cache, comme souvent, dans les détails.

Un rêve italien aux lignes Pininfarina

La Maserati GranTurismo compte parmi les coupés les plus élégants des années 2000. Sa carrosserie a été dessinée par Pininfarina, le bureau de style à l’origine d’innombrables sportives devenues mythiques. Capot très long, porte-à-faux réduits et poupe généreuse : tous les codes d’une authentique GT sont réunis.

L’exemplaire concerné, millésime 2009, est aujourd’hui proposé à 24 990 euros. C’est à peu près le budget nécessaire pour acheter un Dacia Duster neuf correctement équipé. Ceux qui se souviennent de la GranTurismo exposée en concession à l’époque auront du mal à y croire : lors de son lancement, son tarif dépassait sans difficulté les six chiffres.

« Un modèle exotique autrefois positionné au niveau des voitures de luxe se retrouve au prix d’un SUV de tous les jours : c’est ce qui rend cette offre fascinante. »

Près de 20 ans après sa présentation, la GranTurismo n’a visuellement presque rien perdu de son charme. La face avant Maserati et sa calandre distinctive, les ailes musclées ainsi que la ligne de toit basse lui assurent encore une présence remarquable, devant un glacier comme sur une aire d’autoroute.

Autre élément particulièrement intéressant : la voiture proposée semble avoir conservé l’essentiel de sa configuration d’origine. Nombre de GranTurismo ont ensuite été « personnalisées » avec des échappements bruyants non homologués ou des accessoires de tuning discutables. Selon la description, celle-ci reste proche de sa version de série, un point qui plaira aux collectionneurs comme aux puristes.

V8 Ferrari sous le capot : sonorité, performances et émotion

L’élément central de la GranTurismo se trouve à l’avant, sous son long capot : un V8 atmosphérique de 4,2 litres développé à Maranello. Sa base provient de la banque d’organes Ferrari, avant d’être adaptée par Maserati à son grand coupé.

Ses caractéristiques restent impressionnantes aujourd’hui :

  • Cylindrée : 4,2 litres, V8 atmosphérique
  • Puissance : 405 ch
  • Couple : 460 Nm
  • Vitesse maximale : largement supérieure à 250 km/h

Une variante de 4,7 litres, plus puissante, a été ajoutée par la suite. Toutefois, le V8 de 4,2 litres jouit également d’une réputation de grande robustesse. De nombreux exemplaires dépassent sans difficulté les 100 000 kilomètres, et certains approchent même les 200 000 kilomètres sans que le moteur ne devienne une source d’inquiétude, à condition que l’entretien ait été régulier et réalisé dans les règles de l’art.

Les premières séries de GranTurismo avaient néanmoins un point faible : leur boîte séquentielle. Réputée capricieuse, coûteuse à entretenir et pas toujours agréable au quotidien, elle pouvait refroidir certains acheteurs. À ce titre, le millésime 2009 offre un avantage net.

« À partir de 2009, Maserati a adopté une boîte automatique ZF à six rapports, bien plus fiable et agréable au quotidien. »

L’auto mise en vente possède précisément cette boîte automatique ZF. Pour beaucoup d’acheteurs potentiels, ce point compte presque autant que l’état du moteur. D’après le vendeur, moteur et transmission fonctionnent parfaitement, tandis que le compteur affiche 99 000 kilomètres.

Une combinaison de couleurs rare plutôt qu’une sportive grise anonyme

La GranTurismo proposée se distingue aussi des configurations les plus courantes. La plupart de ces coupés circulent en noir, gris foncé ou argenté dans les centres-villes. Ici, la carrosserie arbore un rouge foncé, associé à un habitacle beige et rouge foncé.

Ce mariage de teintes est certes plus audacieux, mais il demeure très élégant et correspond parfaitement à l’esprit d’une GT : un coupé de voyage fait pour impressionner autant devant un opéra que sur un circuit.

Le prix du luxe a disparu, pas les frais d’entretien

Au vu du prix d’achat, la comparaison avec un Dacia Duster semble évidente. Mais se limiter au coût d’acquisition serait une erreur. Une Maserati GranTurismo reste une sportive italienne de hautes performances, avec les dépenses qui vont de pair.

Les principaux postes de coût sont généralement les suivants :

  • Assurance : tarifs réservés aux sportives, avec des catégories parfois élevées
  • Entretien : révisions auprès de spécialistes, pas dans un garage à bas coût
  • Pièces d’usure : freins de grande dimension et composants spécifiques de suspension
  • Pneus : pneus larges aux dimensions sportives, souvent issus de marques coûteuses
  • Carburant : V8 atmosphérique, avec une consommation réelle très supérieure à celle d’une compacte

Celui qui lit « prix Dacia » et imagine « coûts Dacia » risque donc de vite déchanter. L’aspect bonne affaire concerne uniquement le tarif d’achat, et non le budget global.

Pourquoi cette offre Maserati GranTurismo semble si abordable

Cette GranTurismo présente une particularité : elle a d’abord été livrée à Dubaï, avant d’être importée plus tard en Allemagne. L’importation et les taxes semblent avoir été réglées, mais un document essentiel manque : un rapport de contrôle technique allemand valide ainsi qu’une immatriculation locale.

« La voiture est proposée sans contrôle technique et sans immatriculation allemande, ce qui réduit son prix d’environ 5 000 à 7 000 euros. »

Pour le vendeur professionnel, il s’agit d’un argument commercial : l’acheteur qui prend en charge lui-même le passage au contrôle technique bénéficie en retour d’un tarif d’entrée nettement plus bas. En contrepartie, il assume aussi le risque de découvrir des problèmes lors de l’inspection.

Point positif, quatre pneus neufs sont déjà fournis, et le vendeur envisage même une livraison. Sur le plan logistique, l’opération paraît donc réalisable, à condition de disposer d’un garage ou d’un contrôleur connaissant bien les véhicules importés.

Les risques d’un import de voiture de sport en un coup d’œil

Toute personne envisageant l’achat d’un tel véhicule devrait contrôler avec une grande attention plusieurs éléments :

  • Historique complet : preuves d’entretien, factures et carnet de service provenant du pays d’origine.
  • Corrosion et climat : les véhicules issus de régions chaudes sont rarement rouillés, mais la chaleur peut user les éléments en caoutchouc et en plastique.
  • Mise en conformité européenne : l’éclairage, le compteur et, éventuellement, les normes d’émissions doivent être conformes.
  • Risque lié au contrôle technique : d’éventuelles modifications concernant les émissions, les éclairages ou les freins peuvent coûter cher.

Celui qui maîtrise ces vérifications et fait réaliser une expertise indépendante avant l’achat réduit considérablement le risque de mauvaises surprises.

À qui s’adresse réellement cette Maserati au prix d’un Dacia ?

Le public visé par une telle offre reste clairement limité. Une Maserati GranTurismo à moteur Ferrari ne convient pas comme voiture principale à un navetteur au budget serré. Elle s’adresse plutôt à des personnes qui :

  • possèdent déjà une voiture fiable pour le quotidien ;
  • prévoient explicitement un budget pour l’entretien et les réparations ;
  • recherchent délibérément un véhicule de loisir chargé d’émotion ;
  • acceptent les fluctuations de valeur.

Dans ce cas, l’achat peut devenir une expérience qui dépasse largement les chiffres rationnels. Un V8 atmosphérique qui prend des tours en donnant l’impression d’être assis dans une loge d’opéra face à l’orchestre procure des sensations que les quatre-cylindres turbo modernes dotés d’un filtre à particules offrent difficilement.

Il est toutefois pertinent de regarder les autres possibilités : les professionnels demandent des sommes comparables pour des Porsche 911 plus anciennes, des Jaguar XK ou des BMW M6. Toutes proposent des moteurs puissants et une image haut de gamme, mais elles diffèrent fortement en matière d’entretien, de fiabilité et de style.

Ce que les intéressés devraient régler avant l’essai

Avant de prendre le volant pour un premier tour, quelques réflexions pratiques permettent d’éviter les mauvaises surprises ultérieures :

  • Quel budget peut réellement être consacré chaque année à l’entretien ?
  • Existe-t-il, à une distance raisonnable, un atelier ayant l’expérience de Maserati ?
  • Quel sera le montant exact de l’assurance, responsabilité civile et tous risques comprises ?
  • La voiture peut-elle être retirée de la circulation l’hiver et stationnée dans un endroit sec ?

Toute personne qui répond honnêtement à ces questions et sourit toujours lorsque le V8 démarre fait probablement partie du public auquel cette offre est destinée.

Un dernier point, souvent sous-estimé : les automobiles émotionnelles peuvent modifier les relations, pour le meilleur comme pour le pire. Une Maserati garée devant une maison de lotissement alimentera à coup sûr les conversations du voisinage. Ceux qui prennent cela avec humour et considèrent cette sportive non comme un symbole de statut, mais comme un loisir roulant, vivront généralement l’expérience la plus sereine avec une telle exotique.

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Julien Morel

Ingénieur mécanicien spécialisé dans les systèmes hydrauliques et pneumatiques, Julien Morel accompagne depuis plus de quinze ans les industriels dans le choix, la maintenance et l’optimisation de leurs vérins. Passionné par les innovations liées à Techni Cylindre, il partage son expertise sur la conception, le dimensionnement et la fiabilité des solutions de mouvement linéaire.

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